Samedi 14 juillet, 4h00, 4h30, 5h… le réveil a sonné dans 5 foyers pour mettre fin à nuit paisible. À Cogneau, Mika et Guerda étaient même parties à 5h45. En ville, Céline et Tacyana se sont extirpées d’une courte nuit pour venir me servir de réveil à Bourda. À Montjoly, Justine a réveillé Luca. Grâce a elle, on n’a même pas attendu.  À Balata, le réveil n’a pas sonné.

Malgré l’heure, ce bruit, d’habitude agaçant, a paru doux. Il annonçait une belle journée.

Nous allons aux chutes Voltaire.

6h10 et quelques : comme convenu, arrivée à Family Plaza pour récupérer Guerda, Mika et Rodrigue. Pas même le temps de parler que Guerda nous rappelle l’heure du rendez-vous. Un coup de pression qu’on aura vite fait de décaler vers Rodrigue, mais chut, n’en parlons pas.

Un petit tour au marché pour Mika, un petit tour à « Carrefour » pour Luca, et nous voilà partis pour un weekend d’aventures.

8h – Premier arrêt, Crique Soumourou à Kourou pour le petit-déjeuner. Croissants, pains au chocolat, thé gingembre, fruits, café au bord de l’eau. On est prêts.

9h40 – Petite pause à Iracoubo. Le grondement entendu vers 9h41 n’est heureusement pas un orage ; juste les toilettes d’Iracoubo mises à rude épreuve.

11h36 – Arrivée à Saint-Laurent. Le solide petit-déjeuner du matin fait encore effet mais nous allons en terre inconnue, donc pause ravitaillement au marché. En tendant l’oreille, on perçoit une fanfare qui nous rappelle qu’on est jour de fête nationale.  

12h07 – Après environs 5 heures de route, pauses comprises, nous voici repartis pour 2 heures de piste.

 

Chut ! Ecoutez ! On n’entend rien d’autre que la mélodie de la nature. On croirait presque entendre le battement d’ailes des nombreux morphos croisés en chemin.

Fini les tutututu..tu des messages Whatsapp, au grand dam de …. je ne citerai pas de nom. Busy aurait été bien embêté :

14h20 – Ah enfin arrivés. Kote sa ! C’était une simple maison d’orpailleurs. Encore 26 km de piste ! « Dav, c’est quoi  ce traquenard ? » dixit Luca, «au bout de sa vie » comme dit Justine . D’ailleurs à l’arrivée, la rencontre avec Eva, la maîtresse de maison de l’auberge, fut quelque peu expéditive.

14h36 – Arrivés trop tard pour aller aux chutes directement, nous profitons de cette première après-midi pour nous relaxer dans la baignoire naturelle disponible au pied de notre carbet.           

22h10 – Randonnée nocture. Quel idée ! Le prof avait de la maîtrise du sujet mais peu de pédagogie. Heureusement qu’il y avait les sousè pour poser plein de questions, hein Tacy. Elle s’est tue quand le prof lui a mis un vent monumental. Même un « silence ! » aurait été moins violent.

D’ailleurs, c’est Tacyana qui nous donnera le nom des arbres en commentaire. On veut connaître le nom de l’arbre hérisson qui a déchiqueté Rodrigue. Heureusement que Dr. Guerda était là. Elle a su opérer Rodrigue avec les moyens du bord. À l’heure où j’écris ces lignes, il est hors de danger. Mika a également su se tirer d’affaire après l’attaque d’abeilles dont elle a été victime.

23h15 : Deux blessés légers, un bléssé grave (la chaussure gauche de Luca). L’expédition vers les chutes n’a même pas encore commencé !

00h00 : C’est beau. Ça ne se montre pas en photo. Ça se voit avec les yeux. Une nuit étoilée. Mais vraiment ! Des milliers d’étoiles, plus luisantes les unes que les autres. Un silence parfait pour nous permettre d’apprécier les crapauds, agrémentant de leurs voix de ténor le choeur des autres insectes se répondant les uns aux autres. C’est de toute beauté. Le noir total semble dire « tais-toi, ouvre grand les yeux et les oreilles et profite de la nature à l’état pur » ; jusqu’à ce qu’en pleine nuit, tu te rendes compte que c’est pas si magique que ça de se dire que tu es entouré d’animaux, tu ne les vois pas mais tu les entends. Ça rampe, ça picore, ça couine, ça vole, ça grate, ça ronfle. On va tous mourir !

7h46 – Une rescapée retrouvée ! Montez juste le son et admirez !

08h16 – Les autres kadav reprennent vie à l’occasion d’un petit déjeuner copieux animé par un autre débat d’anthologie. Cette déconnexion nous a vraiment permis de refaire le monde. Vous n’avez pas remarqué qu’il est meilleur ?

10h08 – On est enfin prêts pour allez aux chutes. On me souffle à l’oreillette que je parle trop. Je me tais. Place à la photo !

                                          

Retour à Saint-Laurent : la France a gagné. Je ne vous dis pas le contraste sonore !